UNE SEULE PATRIE, UN SEUL SÉPULCRE

« Home
ma patrie, sa douleur moult me brûle –
comme un sacro-saint serment me soûle,
parmi les oreillettes et valvules
toujours un sang sacré s’écoule.
 
je vis, mes yeux au lointain se livrent,
vers l’est, du côté de ma mer ;
je vis également dans cet autre livre,
crucifié par bon nombre de vers.
 
je vis sans cesse le même mélodrame,
parmi chimères et vies égales,
comme les larmes d’une mère : son dor, quel drame,
pareilles aux rosées matinales.
 
je vis par les yeux, par la pensée
tout ce qui était et sera ;
je vis, quand la ligne se couperait,
au fil d’agonies - aux abois.
 
je vis le blasphème de l’aliéné
en errance à travers d’autres terres ;
en inconnu à l’oubli voué…
en quelle langue dois-je rejoindre l’éther ?
 
 
traduction – Constantin Frosin