Yeah, sure
 
« Home
n’importe, on croit toujours à la sainteté du monde
aux choses vraiment impossibles voire au Père Noël
à la combientième résurrection
et à l’en-quête  de tous les  dimanches 
 
le train de l’enfance passe et ne s’arrête pas
avant les douanes célestes
des avions passent eux aussi
le ciel n’est plus que bleu et fumée
les femmes passent en file indienne vers la mort
et l’une d’elles a décidé
de porter ma souffrance dans son ventre
alors je passe moi aussi dans la vie
tel un chameau dans le désert
sans ardeur sans vent sans larmes
 
et pourtant les gens s’aiment et aiment
même s’ils se prostituent parfois par peur de la solitude
même s’ils servent un dieu difforme
à télécommande même si le besoin primaire
passe devant leurs yeux comme sur le tapis roulant
 
choisissez ce qui vous semble être le mieux
et le moins cher
une caisse de bière
deux cartouches de cigarettes
 
et pourtant on continue à croire
à la sainteté du monde
ces restes dont
les pauvres gens préparent leur repas
ces sacs en plastique où
chacun d’entre nous cache
sa misère
on fait la queue pour des jeux et des livres
sur la mémoire que l’on escroque
sur les codes secrets, sur les sorcelleries
et nous savons que la dépendance n’est pas bonne
sauf celle de longue durée
le matin la rue
est comme une femme propre  à tempérament
et le soir les cadavres de la journée
commencent à mal odorer  
la femme est en passe de devenir une femme vertueuse
 
choisissez ce qui vous semble être le mieux
et le moins cher
une caisse de bière
deux cartouches de cigarettes
 
mais seule la poésie reste
la meilleure portion de bonheur
dans l’estomac vide
 
 
 
C.N.&N.P.&CFR